Safran : vrai ou faux, ce que vous pouvez vérifier vous-même

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Ce que vous pouvez vérifier, et ce que vous ne pouvez pas

À la maison, vous démasquez un faux grossier : carthame, soie de maïs teinte, papier. Vous ne démasquez pas un safran coupé de styles, vieilli ou recoloré : il faut un laboratoire.

Deux règles couvrent l’essentiel. Achetez en filaments, jamais en poudre. Et préférez un vendeur qui affiche l’origine, le grade et la catégorie ISO 3632.

La fraude est la règle, pas l’exception

En France, la DGCCRF a relevé des anomalies sur 81 % des safrans contrôlés en 2018. Un produit vendu comme « fleur de safran » était entièrement du carthame.

En 2019, selon la presse, 15 % seulement des safrans prélevés étaient conformes. Des styles et des étamines remplaçaient en partie les stigmates.

À l’échelle européenne, le Centre commun de recherche a jugé suspects 11 % de 141 échantillons en 2021. Douze contenaient des colorants interdits, dont le Soudan I.

Les fraudes qu’on rencontre

FraudeComment elle se présente
Fleur de remplacementCarthame, souci, tagète : filaments plus fins, orangés, sans forme d’entonnoir
Faux filamentsSoie de maïs teinte, papier rouge, fibres de soie, plastique
Parties du crocusStyles jaunes et étamines ajoutés pour faire du poids
AlourdissementFilaments humidifiés au miel, au sucre, à l’huile ou à la glycérine
Poudre coupéeCurcuma ou paprika mélangés au safran moulu
Safran épuiséSafran déjà infusé, séché puis recoloré
Fausse origineSafran importé vendu comme espagnol ou comme AOP La Mancha

Les trois tests qui valent quelque chose

La forme, à la loupe. Un vrai filament mesure 2 à 4 cm et s’évase en trompette à son extrémité. Avec une loupe, son bord porte de petites papilles.

L’eau. Un vrai filament gonfle aussitôt dans l’eau. Il colore l’eau en jaune, lentement, et reste rouge. Un faux grossier déteint vite en rouge ou en orange, puis pâlit.

Le nez et la langue. Le faux safran ne sent presque rien. Le vrai sent fort, et il est amer et un peu astringent en bouche.

Ces trois tests repèrent un faux complet. Aucun ne repère des styles ajoutés, un safran vieilli ou une poudre coupée.

Les tests qui ne prouvent rien

Le bicarbonate. Aucune source scientifique ne le valide. Le pigment du carthame change lui aussi de couleur en milieu basique.

La poudre, à l’œil. Le safran moulu est presque impossible à contrôler chez soi. C’est la forme la plus fraudée.

Le bord dentelé ou le pollen. Certains faux les présentent aussi.

Ce que mesure la norme ISO 3632

La norme classe le safran selon trois composés. La crocine donne la couleur, la picrocrocine l’amertume, le safranal l’arôme. Un lot doit tenir les trois seuils de sa catégorie.

CatégorieCouleurAmertumeArôme
Extra, depuis 2025230 ou plus80 ou plus30 à 50
I200 ou plus70 ou plus20 à 50
II170 à 19955 à 6920 à 50
III120 à 16940 à 5420 à 50

Une bonne catégorie ne prouve pas l’authenticité. Une étude a montré que la méthode de la norme ne détectait pas 20 % de carthame, de souci ou de curcuma ajoutés.

Negin, sargol, pushal : des noms du commerce

Aucune norme officielle ne définit ces grades iraniens. Les vendeurs les emploient de la même façon.

GradeCe qu’il contient
NeginStigmates rouges entiers et épais, sans partie jaune
SargolPointes rouges seules, avec des brisures
PushalFilaments rouges avec une part de base jaune
DastehStigmate entier, rouge et jaune, en petites bottes

Plus il y a de jaune, moins il y a de couleur et d’arôme. Pour le prix de chaque grade, voyez notre page Safran : quel prix au gramme.

Sources

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