Baghali ghatogh, les fèves à l’aneth et à l’ail

Bol de baghali ghatogh : fèves à l'aneth, à l'ail et aux œufs, servi avec du riz et un verre de doogh

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Pour 4 personnes, 1 h 15, plus l’épluchage des fèves, 30 minutes si elles sont fraîches

Le baghali ghatogh vient du Guilan, la province humide qui borde la Caspienne, où il se mange à midi avec du kateh, le riz collant de la région.

Trois ingrédients, et donc aucun endroit où se cacher.

Baghali ghatogh

Fèves fondantes, aneth en quantité et une tête d’ail entière, avec des œufs cassés dessus à la fin. Tout se joue sur la conduite de l’ail.
Temps de préparation 20 minutes
Temps de cuisson 55 minutes
Temps total 1 heure 15 minutes
Portions: 4 personnes

Ingrédients
  

  • 500 g fèves écossées surgelées, ou 1,5 kg de fèves fraîches en cosses
  • 1 tête ail environ 12 gousses, émincées
  • 100 g aneth frais haché, ou 5 c. à s. d’aneth séché
  • 4 œufs
  • 1 c. à c. curcuma
  • 40 g beurre
  • 2 c. à s. huile
  • 30 cl eau
  • Sel, poivre

Méthode
 

  1. Ébouillantez les fèves une minute, égouttez-les, puis pincez chaque grain entre deux doigts pour faire glisser la peau.
  2. Faites fondre le beurre avec l’huile, jetez-y l’ail et laissez-le suer 8 minutes à feu doux : il doit devenir translucide, jamais blond.
  3. Ajoutez le curcuma, remuez 30 secondes, versez les fèves et l’eau, salez.
  4. Couvrez et laissez frémir 35 minutes à feu doux, jusqu’à ce qu’un grain s’écrase sans résistance sous la fourchette.
  5. Ajoutez l’aneth et le poivre, poursuivez 10 minutes à découvert pour laisser réduire.
  6. Cassez les œufs sur la surface, attendez 2 minutes que les blancs prennent, puis brouillez-les à la fourchette dans les fèves. Couvrez et laissez 5 minutes hors du feu.

Notes

Les fèves sèches ne conviennent pas. Même trempées une nuit, elles restent farineuses et ne rendent pas l’amidon qui lie la sauce.

L’ail se compte en tête, pas en gousses

Une tête entière pour quatre. La quantité surprend les cuisiniers français et c’est pourtant la mesure gilaki ordinaire ; divisée par deux, elle donne un plat de fèves à l’aneth, correct et sans caractère.

Ce qui compte ensuite est la manière dont cet ail est conduit. Huit minutes à feu doux dans le corps gras, il perd son mordant et fond. Coloré, même à peine, il tourne à l’amer, et cette amertume traverse les trente-cinq minutes de mijotage sans s’atténuer. Elle est encore dans l’assiette à la fin.

Les fèves, elles, doivent aller jusqu’au point où les premières se défont. C’est leur amidon qui lie la sauce : il n’y a ni farine ni crème dans ce plat.

D’où la cocotte-minute, qu’on voit recommandée partout pour gagner vingt minutes et que je déconseille. Sous pression on ne surveille rien, les fèves passent de fermes à purée en deux minutes, et le plat devient une soupe verte. Une casserole ordinaire laisse voir ce qui se passe.

Trente-cinq minutes, pas huit.

Ce qui rate le plus souvent

Le plat est amer : l’ail a pris couleur. Il n’y a pas de rattrapage, et c’est la seule erreur irréversible de cette recette.

Les fèves roulent dans un jus clair : elles ont manqué de temps. Remettez le couvercle et comptez dix minutes de plus, la liaison vient toute seule.

L’aneth a noirci et sent le foin : il est entré trop tôt. Il ne supporte pas plus d’un quart d’heure de chaleur.

Les jaunes sont durs : sept minutes suffisent, et la casserole continue de cuire après le feu éteint.

Servir

Avec du kateh, le riz gilaki cuit à l’eau jusqu’à absorption complète, qui colle légèrement et se ramasse à la cuillère. Un basmati égrené fait l’affaire, mais il laisse la sauce au fond de l’assiette au lieu de la retenir.

Un verre de doogh à côté, le yaourt battu salé à la menthe. C’est le service du Guilan et il se suffit.

Photographie : Rye-96, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

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Evaluation de la recette