Khoresh-e havij, le ragoût aux carottes

Khoresh-e havij : ragoût de bœuf aux bâtonnets de carotte, en assiette blanche

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Pour 4 personnes, 2 h 15

Le khoresh-e havij est le plus doux des ragoûts persans. La carotte y remplace l’aigreur des herbes ou du citron noir par un sucre que la cuisson longue concentre.

C’est aussi celui qu’on manque le plus souvent, en le rendant écœurant.

Khoresh-e havij

Des carottes en bâtonnets saisies au beurre, du bœuf et des pruneaux. Tout se joue sur le sucre, celui qu’on n’ajoute pas.
Temps de préparation 25 minutes
Temps de cuisson 1 heure 50 minutes
Temps total 2 heures 15 minutes
Portions: 4 personnes

Ingrédients
  

  • 700 g épaule de bœuf en cubes de 3 cm
  • 600 g carottes en bâtonnets de 5 cm sur 1 cm
  • 1 gros oignon émincé
  • 8 pruneaux dénoyautés
  • 2 c. à s. concentré de tomate
  • 1 c. à c. curcuma
  • 1/2 c. à c. cannelle en poudre
  • 4 c. à s. verjus ou le jus d’un citron jaune
  • 30 g beurre
  • Huile, sel, poivre

Méthode
 

  1. Faites blondir l’oignon dans un filet d’huile avec le curcuma, ajoutez la viande et laissez-la colorer sur toutes les faces.
  2. Ajoutez le concentré de tomate et remuez 2 minutes dans le gras : il doit foncer et perdre son acidité crue avant l’arrivée de l’eau.
  3. Couvrez d’eau chaude à hauteur, salez, portez à frémissement et laissez cuire 1 h 15 à couvert.
  4. Pendant ce temps, faites revenir les bâtonnets de carotte dans le beurre, à feu moyen, 8 minutes, jusqu’à ce que les arêtes se colorent.
  5. Ajoutez les carottes, les pruneaux et la cannelle à la viande, puis poursuivez 30 minutes à découvert, sans remuer.
  6. Versez le verjus 5 minutes avant la fin, goûtez et rectifiez.

Notes

Prenez des carottes de gros calibre. Les carottes nouvelles et les mini-carottes n’ont pas assez de matière pour tenir trente minutes de ragoût, et il n’en reste que des filaments.

Le sucre est déjà dans la carotte

Six cents grammes de carottes en rendent beaucoup plus qu’on ne l’imagine : la chaleur convertit leur amidon en sucres simples, et la sauce qui réduit à découvert pendant la dernière demi-heure les concentre encore. Les recettes qui ajoutent deux cuillerées de sucre par-dessus, par analogie avec le fesenjan ou le ragoût aux coings, donnent une sauce de dessert.

Je n’en mets pas, et je vais plus loin : j’augmente l’acide. Quatre cuillerées de verjus en fin de cuisson tiennent le plat debout.

Le beurre, lui, n’est pas négociable. Saisis jusqu’à coloration des arêtes, les bâtonnets gardent leur tenue et prennent un goût grillé qui contredit la douceur. Jetés crus dans le bouillon, ils fondent en purée orange au bout de vingt minutes.

Sur l’autocuiseur, puisque la question revient : non. La pression réduit les carottes en fibres, et surtout elle empêche la réduction à découvert qui fait toute la sauce. Ce ragoût demande une casserole ouverte et deux heures devant soi.

La cannelle se compte en demi-cuillerée.

Ce qui rate le plus souvent

La sauce est écœurante : du sucre a été ajouté, ou l’acide manque. Rectifiez au verjus hors du feu, une cuillerée à la fois.

Les carottes ont disparu : elles sont entrées crues, ou on a remué pendant la dernière demi-heure.

La sauce reste pâle et liquide : le concentré de tomate n’a pas cuit dans le gras. Deux minutes suffisent, et la couleur du plat en dépend.

Servir

Riz blanc, un yaourt nature à côté. Servez-le chaud plutôt que brûlant : la douceur des carottes ressort mal à haute température.

Il se garde trois jours et gagne au repos.

Photographie : Hossein.wikieditor, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

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